18 avril 2007

En Arizona


Merci pour toutes vos suggestions de livre! (Les commentaires sont encore ouverts pour toutes autres suggestions). J'ai du pain sur la planche.


Nous sommes en Arizona depuis 2 jours. Nous attendons un voyage pour rentrer au Canada. Voici des photos d'une ferme d'autruches et de perroquets que nous venons de visiter.
C'était divertissant!
Me suis acheté un superbe plumeau en plumes d'autruches pour 15$ us. (Voici la ferme où ils sont fabriqués).
P.s.: la petite tache noire à droite des autruches, c'est une vraie mouche!

10 avril 2007

Tourner au ralenti

Vous avez sans doute constaté que mon journal roule au ralenti. Fuego aussi. À cause de la conjoncture économique au Québec et en Ontario (où l’on a perdu par centaines de milliers les emplois dans le secteur manufacturier depuis un an), le travail change depuis plusieurs mois et pour nous, les voyages se font plus courts. En fait, l’industrie du camionnage a toujours connu des soubresauts, mais je n’en ai jamais vécu de tels depuis mes débuts. On nous assure que l’ajustement est presque terminé, mais nous en avons beaucoup souffert. Pour notre équipe, cela s’est traduit par des voyages moins longs et par conséquent avec plus de pertes de temps comme la traversée des douanes, les livraisons et les cueillettes de marchandise, la paperasse supplémentaire, etc. En concret, cela me laisse moins le temps d’écrire pour tout vous raconter, puisque comme vous le savez, j’écris presque uniquement sur la route pendant mes moments de repos alors que Fuego et Richard roulent.


Depuis plus d’un an, vos encouragements ont gonflé nos voiles et fait avancer Fuego à travers toute l’Amérique. Mais c’est comme si cela avait dépassé mon rythme. J’ai besoin de me poser un peu, de ralentir la cadence pour insuffler une nouvelle inspiration à mon humble entreprise littéraire. Je vous néglige et vous, avides lecteurs d’aventures, méritez mieux.

Écrire pour le blogue — vous le savez sans doute — peut être très demandant, surtout quand c’est de la création. Peut-être comprendrez-vous mieux le travail que cela exige si je vous dévoile que les textes qui m’ont laissé un plus grand sentiment d’accomplissement, souvent ceux que vous affectionnez le plus selon vos commentaires, me prennent en général de six à huit heures à composer. Avec mon intransigeance envers moi-même, je ne peux me soumettre à faire moins bien pour fournir mon blogue.

Si vous êtes un lecteur de longue date, vous savez certainement que je souhaite publier un livre. Or, « je ne m’écrirai pas tout seul! » me crie-t-il du fond de mon ordinateur. Il réclame toute mon attention et je crois qu’il serait sage que je m’y consacre entièrement sans penser à autre chose. Au fil de cette dernière année, j’ai recueilli beaucoup de notes en désirant vous les raconter sans avoir le temps de les fignoler et de les faire paraitre tandis que le chemin déroulait sous les roues de Fuego. Les notes et les mots se sont accumulés et la dernière fois que je les ai comptés, ils étaient bien 100 000 empilés un peu pêlemêle alors que les paysages défilent encore par ma fenêtre. J’ai besoin de remuer tous ces mots pour en faire une grande histoire de route, une histoire qui fera la synthèse de nos aventures, et qui, j’espère, saura vous faire voyager comme si vous y étiez. C’est en quelque sorte un grand ménage du printemps, où les mots seront classés, rangés, dépoussiérés, mis en lumière pour former un récit de voyage d’aventures.

À ce propos, j’ai déjà rencontré deux éditeurs qui m’ont contactée par le biais de ce blogue, mais nous ne nous sommes pas fait de promesses, il était encore trop tôt pour moi. Alors, si vous en êtes et que vous croyiez en mon projet de livre, je suis toujours ouverte aux propositions. Je recherche une âme sœur littéraire très expérimentée, un mentor qui saura me guider avec passion en respectant ma créativité pour cette première aventure. (Dit-elle, avec l’espoir dans le clavier).

Je ne suis pas en train de vous dire adieu, non. Je veux prendre le temps de terminer ce que j’ai entrepris. Je ne sais pas combien de temps cela prendra. Quelques semaines? Quelques mois? J’aime autant ne pas créer de fausses attentes.

À bientôt!

En attendant, vous pouvez me faire part de vos suggestions des livres qui vous ont le plus touchés, ceux que je devrais absolument lire, je les emporterai avec moi sur la route, et comme ça, vous ferez toujours partie du voyage. J’ai besoin de faire le plein des mots des autres qui m’emmèneront ailleurs et qui m’inspireront. Lire des œuvres littéraires me nourrit. Mais malheureusement, j’ai négligé cet aspect depuis quelques mois et je rêve de m’y remettre vautrée dans la couchette de Fuego.

Quel livre vous a le plus marqué? Allez, vos suggestions! À mon tour d’être avide!


P.-S. : Et je continue de lire mes flux RSS qui sont remplis de blogueurs talentueux, sans toutefois pouvoir laisser très souvent des commentaires faute d’avoir une connexion assez longtemps sur la route.

P.-S. : Autant que possible, c’est donc dire quand Fuego sera sagement au repos dans son écurie, j’irai aux Yulblogs les premiers mercredis du mois pour vous rencontrer.

Le grenier d’Élisabeth




Allez-donc voir les bijoux d’Élisabeth.

(La fête des mère s'en vient les gars!)

Élisabeth est une amie depuis l’école secondaire, elle vit à Québec. Elle s’est mise à faire des colliers et des bijoux avec passion pour combler son besoin de créativité dans ses temps libres. Elle a beaucoup de talent.

28 mars 2007

Dans le désespoir, il y a toujours Ti-Pod.

Il fait encore noir à sept heures quand je sors pour inspecter mon équipement. Je commence ma journée en me refermant la porte de Fuego sur le doigt, mais je retiens mon cri de douleur en redoublant d’ardeur à l’inspection. Quand je me penche sous la remorque pour déceler des anomalies, rien, mais en me relevant la tête : bang! La remorque était encore au-dessus. Cette fois, je ne peux étouffer mes sanglots comme un vrai camionneur et mes larmes coulent autant que le sang sur mon visage et mes vêtements. Par chance, la coupure est mineure et je diagnostique qu’il n’y aura pas besoin de points de suture et qu’il n’y a que le début de cette journée qui est commotionnée, pas ma tête. Et pour ajouter à mes malheurs, sitôt après m’être changé et lavé le visage avec une lingette, le jus jaune de ma mangue vient accabler ma dernière chemise et mon dernier pantalon propres. En tentant de laver les taches, je les étends et je les rends plus visibles. Bouquets de malheurs.

Il a de ces jours où j’aurais mieux fait de ne pas me lever. Peut-être avez-vous déjà ouvert la Bible, ou je ne sais trop quel autre livre au hasard pour qu’il vous envoie un message d’encouragement. Autre époque, autre moyen. Aujourd’hui, il y a Ti-Pod. Alors, par ce matin d’infortune, je demande à Ti-Pod de m’envoyer des messages réconfortants comme une désespérée en quête d’un signe d’espoir. Ti-Pod est puissant, il creuse sa mémoire, trie ses 3200 chansons et subito presto il entame :

« Pretty Woman…..Walking down the street pretty woman… ».

Qu’il est gentil, mon Ti-Pod! Un vrai chum. Il ne tient pas compte du fait que j’ai un doigt bleu, les cheveux pleins de sang et les vêtements souillés de taches jaunes. Il me trouve belle «pareil» ! Il a un parti pris, mais j’en fais fi. Assommée comme je le suis, j’accepte le réconfort du premier venu qui veut bien panser mes plaies.

Il continue ses bons soins en demandant à Claude Dubois de chanter « J’aurais voulu être un artiIIIIIIIste ». (— C’est un message, c’est un message! Peut-être qu’il faut que je m’achète un billet d’avion pour Rotterdam ou pour RiOOOOO pour y faire mon numérOOOOO! )

Toute ravigotée du soutien moral qu’il me témoigne, je recouvre mon sourire quand il entonne le 3e morceau, avec un fond de tchique-tchik tchique-tchik tchique-tchik tchique-tchik typique du country, Willie Lamothe s’égosille (— veux-tu bien me dire qui t’a mis ça dans la tête toi?) :

Ma vie est un long chemin sans fin
Et je ne sais pas très bien ou je m’en vais,
Je cherche dans les faubourgs et les villes,
C’est dans l’espoir d’accomplir mon destin.

Mile après mile je suis triste,
Mile après mile je m’ennuie,
Jour après jour sur la route,
Tu ne peux pas savoir comme je peux t’aimer.

Chaque mile que je parcours semble inutile,
Je cherche toujours sans rien trouver,
Je vois ton visage qui me hante,
Je me demande pourquoi je t’ai quitté,

Mile après mile je suis triste,
Mile après mile je m’ennuie,
Jour après jour sur la route,
Tu ne peux pas savoir comme je peux t’aimer.

Un jour quand mes voyages auront pris fin,
Et qu’au fond de moi j’aurai trouvé,
Cette paix dont je sentais le besoin ¸
À ce moment je pourrai m’arrêter.

Mile après mile je suis triste,
Mile après mile je m’ennuie,
Jour après jour sur la route,
Tu ne peux pas savoir comme je peux t’aimer.

Ti-Pod est tout puissant, je vous le dis! Vous faites le test? Il vous dis quoi votre Ti-Pod? Si vous avez un blogue, je vous mets au défi de faire un billet sur ce sujet. Il vous fait jouer quoi au hasard.


Avertissement : Parfois, ça ne marche pas, Un jour que j’ai fait la même chose, Ti-Pod m’a fait jouer «Fat bottom girl», que j’ai traduit par fille à gros cul. S’il m’avait mis ça se matin, je crois que j’aurais fait comme les caphards qui se garochent dans mon pare-brise ;c).

Quand les cafards ont le cafard.

Lorsqu’à 22 heures et quelques minutes, Raymond Archambault a annoncé que le Québec sera gouverné par un gouvernement libéral minoritaire et que l’ADQ serait le parti officiel de l’opposition, 25 gros cafards se sont suicidés dans mon pare-brise. Je ne vous mens pas, je vous le jure. Tac tac tac tac (enfin, vous comprenez, 25 fois tac).

Les cafards ont eu le cafard et ont semé le capharnaüm sur ma vitre.


C’est un signe, je vous le dis! Appelez les liseuses de poches de thé qu’elles nous fassent une analyse de notre avenir!

23 mars 2007

La renaissance

Lundi, j’ai quitté Montréal encore tout enneigée après une tempête, j’ai eu peine à sortir ma voiture du banc de neige. Même si c’est toujours difficile de quitter la maison après seulement deux jours de repos, j’étais contente de laisser la neige dans mon rétroviseur. Depuis lundi que nous travaillons comme des chevaux de tir sans jamais avoir le temps de vraiment nous arrêter. Nous sommes allés à Lawton au sud d’Oklahoma City et sommes revenus vers l’Ontario et là maintenant, on repart avec des pneus à livrer à la frontière du Mexique à Laredo. Nous devrions y être dimanche pour livrer lundi matin.

C’est à Oklahoma City le 21 mars jour de printemps que je savoure mon premier sentiment d’été. Vers 19hrs, je sors remplir Fuego de carburant, une brise chaude souffle sur mes bras que je n’ai pas pris la peine de couvrir. J’enfile mes gants de travail en silicone bleu tout souillé de graisse et je m’appuie sur le pistolet pour faire le plein de carburant, mais c’est l’impression d’été qui me remplit de sentiments bourrés de souvenirs estivaux. Je la laisse m’envahir doucement et je savoure ce moment de bonheur si privilégié. D’où vient cette impression si agréable? Peut-être est-ce à cause des bourgeons éclatés ou bien des fleurs roses et blanches épanouies dans les pommiers, peut-être aussi à cause du soleil radieux ou des fleurs mauves qui tapissent les parterres ou bien des jonquilles qui égayent les sorties d’autoroute, ou un peu la faute des passants aux lunettes fumées en bermudas, peut-être est-ce aussi à cause de la chaleur qui irradie de la chaussée, ou peut-être est-ce un peu à cause de tout cela à la fois. Quoi qu'il en soit, c’est agréable de sentir la renaissance après une longue hibernation et chaque année, ça me fait le même effet de reviviscence. Je savoure mon premier soir de sensation d’été au mois de mars.

Et à vous, Nordiques que vous êtes, je vous souhaite cet envahissement estival le plus tôt possible! Ça vous fera du bien! L’été au Québec, ce n’est pas avant le mois de juin!

La fête du Yul et le lancement de livre des 3 blogueurs vedettes

Peut-être avez-vous entendu parler du lancement de livre des trois blogueurs vedettes du Québec? Cet évènement était jumelé au 7e anniversaire du rassemblement mensuel de blogueurs de Montréal. Ce n’est qu’aujourd’hui que je trouve le temps de vous mettre mes impressions alors que des dizaines de blogueurs l’ont déjà fait sur leur propre carnet web.

Ma soirée a débuté avec le gentil
Photomax qui est passé me prendre avec sa belle Volvo. À notre arrivée, il y avait beaucoup de monde comme en témoigne sa prise de vue faite vers 18 h 15. Au plus fort de la soirée vers 19hrs, il y avait bien plus de 100-125 personnes. (Je soupçonne Mère indigne d’avoir une très grosse famille et beaucoup d’émules ;c) ). Ça jasait fort et c’était la cohue pour obtenir les signatures des 3 vedettes, j’ai dû attendre 45 minutes pour avoir les miennes. Je n’ai pas eu le temps de voir les fameux Jean-Louis et Père indigne. Je considère cet évènement comme un moment historique de l’évolution de la blogosphère qui change à la vitesse grand V. Qui aurait cru que l’on repêcherait des auteurs sur les blogues et qu’on les verrait moins d’un an plus tard avec des dizaines de personnes faisant la queue pour obtenir une signature. En très peu de temps, ces trois blogueurs sont devenus de véritables vedettes et ce n’est qu’un début pour eux. (300 livres vendus pour la soirée au total)

Dans la foule, j’ai eu le temps d’avoir de plus grands échanges sympathiques avec
Patrick Dion et sa blonde, Daniel qui chante mal, mais qui écrit pas mal mieux, Dominic Arpin, Geneviève Piquette, Chroniques Blondes, Prof Malgré tout, Martine Pagé et Photomax.

Quelques blogueurs du soir sont arrivés plus tard, j’ai croisé
Célibataire urbaine alors que la soirée était presque terminée, elle a bien essayé de faire lever le party en dansant et sautillant partout, mais voilà, nous, les plus vieux, on préférait parler, bien assis sur nos tabourets un verre à la main. Parait que le Barman blogueur est passé, mais il relate que la soirée était plate à 23 h et qu’il n’y avait que 4 voitures dans le stationnement… Mais c’est que c’était un 5 à 7… pas un minuit à 3! Je leur laisse le reste de la nuit, car après tout, n’en sont-ils pas les spécialistes?

Si je ne suis pas morte de faim, c’est aussi grâce à
Patrick au coco duveteux, parce que nous voyant affamés dans ce lieu où l’on ne servait que de la bière, il a commandé de la pizza. J’ai littéralement sauté mains jointes dans la pizza quand elle s’est pointée, d’ailleurs on m’a discrètement fait sentir qu’il fallait que j’en laisse pour les autres. (J’ai comme eu honte tout à coup…).

Le flash de la soirée : Les blogueurs ont une forte tendance à tout prendre photo et à filmer. Certains diront qu’on s’extraie d’un moment sans vraiment le vivre. Mais lors d’un «combat de flash» tout a fait improvisé et au lieu de nous extraire d’un évènement pour le prendre en photo, nous en avons créé un dans l’hilarité générale. Même les trois vedettes, encore occupées à signer leur œuvre vers 21 heures, ont levé les yeux de leur livre pour voir ce qui se passait de si drôle. Autour d’une même table, Martine filmait, Dominic mitraillait de flash, Chroniques Blondes faisait de même et moi, trop crampée pour ne pas trembler en prenant la photo je les regardais à travers mon petit écran de caméra. Il y avait peut-être d’autres personnes qui prenaient des photos en même temps, mais j’étais totalement aveuglée par les flashs pour les voir. Vous pouvez voir la photo prise par DOA ici. C’était vraiment très drôle. Vive les combats des flashs! Peut-être qu’on vient de commencer une tradition?

Dominic, en plus d’être consacré «fondant au chocolat» par l’idole adulée de la blogosphère (j’ai nommée
Chroniques Blondes, il faut voir ses admirateurs se mettre à genoux et lui baiser la main!), est vraiment un bon gars. Je me demande si j’en ai connu des plus fins. J’ai profité de son extrême bonté et de sa grande générosité : je lui ai demandé de surveiller ma sacoche pendant que j’allais aux toilettes (qu’il avait honte! ). Quand la soirée fut terminée vers 23h30, il a rempli sa voiture de quelques blogueurs qui restaient, Pierre-Léon, Geneviève Piquette et moi. Il a poussé la bonté en retirant le siège de bébé pour faire de la place à Prof Malgré tout. Et comme il est galant en plus, il est venu reconduire les deux filles à la porte de leur maison respective. Et même s’il dit qu’on est sa gang de malade sur son blogue, non, nous n’avons pas été malade dans sa voiture. Il a passé le test de chauffeur haut la main, selon les évaluateurs professionnels de conduite présents dans la voiture: un chauffeur de taxi et une camionneuse!

Depuis que je vais au Yulblog, j’ai côtoyé des dizaines de personnes à qui jamais je n’aurais eu l’occasion (ni même aucun prétexte) d’adresser la parole n’eut été de ces rencontres mensuelles. Le blogue, c’est maintenant prouvé, est un excellent moyen de sociabiliser et d’échanger! Ça crée des liens extraordinaires, chose qui m’était quasiment impossible avec la vie de routière que je mène. La promesse se retrouver les premiers mercredis du mois fait bouger beaucoup de monde. C’est formidable!

La prochaine fois, venez! On va rire!

Mais surveillez-vous, car je viendrai avec des crayons-feutres et des étiquettes… Parce que ça commence à faire pas mal de têtes à retenir!

Sandra

Une promotion pour Dipat!


Que vois-je en faisant quelques travaux de peinture? N’est-ce pas Patrick Dion lui-même? J’ai bien ri quand je suis tombée sur sa photo au hasard d’un dimanche après midi. Le orange et le vert lui donne bonne mine!

T’es chanceux Pat, parce que d’habitude, la Presse fini immanquablement au fond de la litière! Alors c’est toute une promotion de finir en peinture!

14 mars 2007

Fuego à la ferme

La veille, les chevaux de Fuego se sont arrêtés pour écouter ceux de l’écurie et c’est sous une couverture d’étoiles que le silence est venu endormir les deux seules âmes humaines à rester sur la ferme.

Ce matin, quand je tire les rideaux, un brouillard matinal recouvre les lieux d’un voile flottant, le soleil se lève à peine, mais le jour m’appelle pour en profiter.

Je sors du camion en m’étirant et en respirant à pleins poumons et je pars faire le tour du propriétaire. Ça me change de marcher crispée, entre les mastodontes grondants m’observant de leurs yeux menaçants. C’est immense! En fait, ça me prend deux heures à pied pour faire le périmètre du domaine. Je comprends pourquoi les employés se déplacent en voiturettes ou en véhicule d’un endroit à l’autre, ils ne pourraient jamais faire leur travail si non, à moins de monter un cheval. Bientôt, on tiendra une compétition équestre et on s’affaire à préparer les lieux à recevoir des centaines de chevaux venus des 4 coins de l’État.

Une camionnette arrive en trombe, les chevaux hennissent de joie. Une jeune fille dynamique descend en leur parlant joyeusement, ils piaffent d’impatience dans leur stèle. Je souris devant le spectacle qui me donne envie d’aller à leur rencontre.

Quand elle m’a saluée chaleureusement, jamais je n’aurai pu me douter qu’elle n’était pas de l’endroit, tellement elle avait la chaleur géorgienne inscrite en elle. Mais à se mettre à converser, sous le regard attentif de l’attroupement à crinière, on a vite constaté nos accents respectifs.

Dani a été élevée dans la montagne pas loin de Munich. Il y a six ans, elle est tombée amoureuse d’un Américain en service sur une base de l’Allemagne. L’amour les a fait se marier. Son histoire l’a amenée ici, près de Colombus et de la base militaire de Fort Benning. Les vingt chevaux dont elle a la garde la rendent radieuse, ses yeux brillent de passion et elle rayonne comme une Heidi en Géorgie. Pourtant, elle devra tout abandonner dans quelques semaines, pour suivre son époux appelé pour l’entrainement sur une base du Texas. Elle ne parait pas troublée pour autant, elle savait dès le départ dans quelle aventure elle s’embarquait. Bien au contraire, elle me fait part de son emballement : il y a des chevaux au Texas, et la famille de son mari s’y trouve. Ils sont en quelque sorte devenus la sienne, parce qu’elle a tout laissé derrière elle en Allemagne pour vivre avec son amoureux. Elle semble avoir pris racine en terre américaine. Elle m’a parlé de son pays où tout y était régulé au quart de tour et où les habitants sont très disciplinés, c’est l’unique chose qu’elle a trouvée à redire des Américains : ils manquent de discipline. J’ai compris pourquoi elle avait été séduite par un militaire. Dani est toujours enthousiaste à l’idée de découvrir d’autres lieux, d’autres avenues, d’autres paysages. Mais le Texas ne constitue qu’une étape d’un an dans la carrière de son époux, après, elle ne pourra pas le suivre, il partira à la guerre.

À trente ans, elle dit qu’elle a encore le temps pour les enfants. En fait, elle veut attendre qu’il revienne. Un nuage d’appréhensions passe sur son visage. Elle redoute le moment où il devra partir, elle a peur de ne jamais le revoir. Les travaux de la ferme l’ont endurcie, elle a en réserve des montagnes de force, mais elle préfère ne pas élever des enfants sans savoir s’ils pourront un jour serrer dans leurs bras autre chose que l’image en carton grandeur nature de leur père fournit par l’armée.

Hier, j’ai bu un café en ville à Colombus. J’ai constaté que l’habit militaire de camouflage — version « imprimés du désert » — fait prestigieux. Il signifie l’appartenance à la base de Fort Benning où des milliers de militaires s’entrainent à la guerre, pour servir un pays qui dit ne pas en vouloir. Ici, ces hommes et ces rares femmes sont respectés de tous, ils font vivre leur famille, mais ils savent qu’ils peuvent être déplacés à tout moment. J’y ai vu un très jeune engagé en uniforme, il devait avoir à peine 18 ans, ses parents l’accompagnaient avec ses petites soeurs, comme s’il était venu le reconduire à l’université pour quelques mois, sauf que c’est à l’armée qu’ils le laisseront. Peut-être était-ce le dernier café qu’ils ont pris ensemble avant longtemps.

Il y a plusieurs facettes à la guerre. Je viens d’en voir quelques-unes, ici, près de Fort Benning. Même très loin, la guerre finit par nous rattraper.

11 mars 2007

Pour qui voter?

Non, je ne vous le dirai pas... Mais vous pouvez faire ce test pour savoir où se situent vos idées parmis les 5 partis au Québec. Vraiment intéressant comme concept! À la fin, si vous n'en croyez pas vos neuronnes, vous pourrez toujours consulter les sites des 5 partis.

http://www.vivrelequebec.net/monchoix/



Alors, c'est quoi votre résultat? Moi c'est comme une couleur.