01 juin 2009

Fin de tournage, invitation à un 5à8


Coucou! Je suis encore accaparée par mes trois Français préférés, on tourne des images à Montréal. Mais ce soir, si vous êtes dans le coin, je vous invite à venir célébrer avec nous la fin du tournage.

Voici le lien pour
l'événement sur Facebook. C'est ce soir lundi de 5 à 8 à la Quincaillerie, au 980 rue Rachel près de l'angle Mentana.

Blogueurs, blogolecteurs, famille, amis, et compagnie,
Je rentre d’un grand voyage. L’un des plus grandioses de ma vie, parce que j’étais avec des gens extraordinaires qui partageaient ma vision de la créativité, de la littérature, et mon avidité pour de belles images, au point culminant de ma « carrière » de camionneuse et de chauffeur-guide.

Ça me ferait immensément plaisir de vous avoir avec nous pour célébrer cet évènement, j'aurai d'ores et déjà des images du tournage à vous présenter sur mon petit ordinateur, si la quincaillerie le permet. (Sinon ça sera sur mon blogue très bientôt).


Venez rencontrer Laure Armanet, la productrice, ainsi que Vincent Verrier et Jean-Pierre Armanet les coréalisateurs et capteurs d'images.
Vous serez filmés pour l’occasion et probablement immortalisés dans le film pour illustrer le côté réel des échanges virtuels que nous avons ensemble. Je n’aurai peut-être pas le temps de vous parler longuement, mais ce qui compte, c’est que vous soyez là! J’ai tissé des liens solides avec eux au fil des 5550 kilomètres qu’on a parcouru avec la grosse baleine bleue. Mais nous tous ensemble, depuis le temps que je vous écris et que l’on se côtoie, il serait temps de prouver que nos liens plus souvent virtuels sont aussi du solide.

Au plaisir de vous voir!

21 mai 2009

Apercu du tournage du road movie, "Je vous écris de mon camion"

Je vous présente Vincent Verrier. Il est génial! (C'est son expression fétiche, mais elle lui colle à merveille). Il est l’auteur du site omusée.com avec son copain d'études Ivan Verbizh. Ensemble, ils ont réalisé plus de 80 vidéos des musées de France juste parce que ça les intéresse, juste par passion! Le Musée du Quai Branly l’a contacté pour faire sa toute première vidéo, tout un honneur pour un jeune homme de 25 ans. Je suis honorée que ça soit Vincent qui m’accompagne et me suive à la trace toute la journée avec sa caméra, il a un talent fou pour la photo, les images et une grande sensibilité pour cadrer les détails authentiques, la beauté d’un mouvement, la lumière sur un objet, un personnage authentique. Il a une grande écoute et se fond au voyage, ce qui facilite la vie. Comme une éponge, il absorbe tout, même le choc de la route. Son enthousiasme débordant pour le projet me motive et me pousse à en lui en donner plus et on a un plaisir fou à travailler ensemble. Les paysages, les personnages, les détails autoroutiers, il saisit tout avec ses appareils. Il me fait même mes repas pour reprendre le temps qu’on a perdu à filmer! Il est vraiment, mais vraiment très sympathique, on rigole beaucoup ensemble, ça fait du bien! Je pense qu'on est copains pour la vie!

Voici un premier aperçu de l'ambiance du tournage. Ça se passe très très bien! Il y en aura d’autres, mais là, je suis crevée! Je fais un des plus beaux voyages de ma vie grâce à Vincent, Laure et Jean-Pierre qui me permettent de revoir la route avec des yeux neufs. Un gros merci a eux! Et vous chers lecteurs, vous serez contents je vous jure!

16 mai 2009

Surchauffe en Arizona

Je vous présente courte vidéo de ma route en Arizona. J'ai tourné pendant un maximum de 30 minutes sur la 10 à l'est de Tucson avant de rentrer dans le Nouveau-Mexique. La route est magnifique avec ses roches jaunes dorées, surtout à la brunante comme sur la vidéo. Le moteur surchauffait, mais il faut dire que ce camion chauffe à rien avec ses 1,4 millions de kilomètres au compteur. Nous étions chargés à capacité maximale (près de 80 000 livres). Il fallait juste enlever une vitesse, faire rouler le moteur à 1500 tours et le tenir, donc ralentir et puis arrêter l'air conditionné, mais à 35degrés, faisait chaud!


Après ces montagnes, le moteur a cessé de chauffer, puisque le soleil s'en est retourné de l'autre côté de la terre!

Les zucchinis et les concombres sont bel et bien rentrés. Mangez-en à notre santé, moi je fais des attaques quand j’en vois!

13 mai 2009

Oh la belle vie. Prise en otage par des légumes.

Me voilà vidéaste très néophyte. Mais on s'amuse comme on peut! Le son n'est pas encore terrible: je vous traduis:

"On profite de la vie. Je suis à Nogales en Arizona. Soupir. Je suis encore en attente de légumes. Il fait 35degrés. On est super bien. Dans l'eau. Sinon ça suffoque un peu dans le camion."

11 mai 2009

Une p'tite vue de mon camion

J’ai fait mon premier montage vidéo avec I-movie. J’entre dans une nouvelle ère. L’ère que Patrick et Dominic avaient déjà flairée bien avant tout le monde avec Vlog et le webtvhebdo. Je ne sais pas si je vais récidiver souvent, mais chose certaine, j’ai l’impression d’être moins seule, je vous imagine pas loin en filmant, et ça aide à passer le temps en roulant.

J’espère que vous aurez autant de plaisir à le visionner que j’ai eu à le tourner et à le monter. C’est sans aucune prétention bien entendu. Je gagne ma vie en déroulant de l’asphalte, et non pas de la pellicule! Mais j’ai du fun en tabarouette vous allez voir!
;)

Ça vous donnera un avant-gout du documentaire « Je vous écris de mon camion », nous le tournons à partir du 18 mai pour environ une semaine. J’ai hâte!


Ah! Et montez le son à fond la caisse! ;) (le son n'est pas au point mais je tourne avec ma caméra photo, ceci explique cela.)

La musique est de D.J. Champion, c'est la chanson No Heaven. "Oh Lord, there ain't no heaven
There ain't no heaven
On the county road ...." .


J'adore D.J. Champion! 120 bpm, c'est son secret, c'est comme l'autoroute!

Mon mois de mai en photo

C'est la première fois que je fais un montage photo. J'ai utilisé I-vidéo. Je pense que je vais récidiver, qu'en pensez-vous? J'ai monté ça très vite, artistiquement, ce n'est pas à mon goût, mais c'est un début!




Je suis en Californie, il fait chaud même la nuit. Ce matin, je livre 18 tonnes de crème Aveeno en banlieue de Los Angeles, ensuite, j'attends mon retour. Bonne journée!

02 mai 2009

Coucou photo du Colorado




J'ai pris ces photos à 1 heure d'intervale, sur la I-70 dans le Colorado.

Il y a pas mal de différence de climat en haut et en bas des montagnes rocheuses.

À bientôt! ;c)

30 avril 2009

19 avril 2009

Camionneuse : « the roadmovie »!

Bonjour les voyageurs!

Depuis quelque temps, je tiens pour moi cette nouvelle, j’attendais le bon moment pour vous l’annoncer.


J’aimerais vous présenter Laure et Jean-Pierre Armanet, deux charmants Français,
producteurs de films pour la télé. Ils ont leur propre boite de production : L’étiquette productions. Depuis près d’un an, nous correspondons pour monter un projet de documentaire. Il va bientôt se concrétiser. Dès que je serai guérie, je reprends la route avec eux et une petite équipe de tournage pour vous faire vivre la route jusqu’en Californie. J’ai hâte! Nous avons déjà fait connaissance quand ils sont venus en repérage au mois de février, et j’ai comme l’impression que cette relation deviendra une grande amitié.

Je n’ai jamais eu trop envie d’être la bête de cirque dans un documentaire. Mais Laure m’a convaincue parce qu’elle partira de mes textes, c’est ce qui me tient le plus à coeur. Il s’agit donc de mettre mes mots en image, autant que faire se peut. Ils veulent aussi que je lise mes textes en voix hors champ. Ça sera donc un film à partir de mon blogue! Je suis moi-même très impressionnée!


Et si vous me lisez depuis longtemps, vous connaissez mon amour pour transmettre et partager mes voyages, je vais aborder le film comme si j’étais guide, comme dans mon ancienne vie, mais Jean-Pierre ne veut pas que je vous regarde à travers la caméra.

Le documentaire s’appelle provisoirement : « Je vous écris de mon camion ». J’aime beaucoup ce titre.


Avez-vous des suggestions de musique pour le film?

25 mars 2009

À vendre,


Pas le coucher de soleil, car comme le dit Richard Desjardins :

« On vend pas l'paradis terrestre
C’est au Bon Dieu c'qui en reste

As-tu d'besoin d'un cinq étoiles
Quand t'en as cinq-milliards dans l'ciel »

Mais je vends tout mon équipement Sirius "pour rouler sans rater une seconde de la radio", car depuis un certain temps, je me rends compte que je ne m'en sers plus autant, parce que j'écoute plus d’émissions baladodiffusées sans contrainte d’horaire et aussi pas mal de musique. La radio Sirius est vraiment un produit génial pour les camionneurs, car c'est l'unique solution pour écouter des émissions de radio en français (radio-canada) où que vous soyez en Amérique. Vous avez accessoirement 120 postes de musique et de talk radio en anglais, et quelques postes en français pour la musique. (consultez leur site, sirius.ca)

C’est le modèle « sportster » (il ressemble pas mal à celui là, ainsi que la boombox), qui garde en mémoire les 45 dernières minutes (donc, vous pouvez revenir en arrière pour réentendre une entrevue ou une chanson, c’est vraiment très pratique), avec la « boombox » (qui vous permet de transporter votre radio partout), la télécommande, ainsi que l'antenne (sur la photo) et l’adaptateur pour la route, munis de toute la quincaillerie pour les fixer sur tous les types de camion.

Le tout pour 160 $ (valeur à neuf de 390 $).

Si vous êtes intéressés, contactez-moi par courriel : sandra_doyon sur yahoo.ca

Il ne vous restera plus qu'à vous abonner, pour 15$ par mois ou moins.

P.-S. Mon genou est un vieillard qui marche en boitant, mais il est toujours vivant et veux vivre comme jamais. La douleur disparait peu à peu et je pourrai faire du vélo cette semaine, selon les recommandations de ma physiothérapeute, qui me manipule à merveille!

17 mars 2009

Croutches!

Yuma Arizona. Jeudi 5 mars 2009

— « Croutche! ».
La salade crie « croutche » quand je lui plante mon thermomètre dans le cœur. Pour les 55 prochaines heures, on prendra soin que vos icebergs ni ne gèlent, ni ne flétrissent. Vos laitues couleur de glacier seront maintenues entre 34 et 38 degrés. Je lis 37 degrés sur le thermomètre, c’est parfait, vous les aimerez et elles « croutcheront » bien sous vos dents, mais si j’étais vous, j’enlèverais les premières feuilles : c’est un voyage en vrac et elles ne sont pas protégées individuellement sauf dans une méga boite de carton.

— « Croutche! »

a hurlé mon genou, quand j’ai atterri les deux pieds sur le sol, en descendant de la remorque. Le gauche a flanché. Tout ça pour des icebergs! Moi qui n’en achète jamais. Ça n’a pas fait mal tout de suite, mais quand j’ai essayé de marcher, je me suis effondrée et j’ai pleuré. J’avais 53 pieds à marcher jusqu’à la cabine et j’étais incapable, trop douloureux. Un chauffeur a beuglé et frappé sur le camion pour réveiller Richard en catastrophe. Quand mon coéquipier de vie a repris ses esprits, il a bien évalué le niveau d’urgence en me questionnant: ma douleur irradiait, mais je savais que je n’en mourrais pas car je ne suis pas un homme! ;c) Comme il n’y avait pas de place de stationnement au truckstop de Yuma et qu’on ne pouvait le mettre nulle part, ce gros camion, Richard a tenté le coup pour l’hôpital. Muni de son super GPS, il a repéré l’hôpital le plus près. (C’est promis je ne le ridiculiserai plus jamais ton GPS, Richard. Je répète en boucle : « -ce n’est pas un gadget, ce n’est pas un gadget, ce n’est pas un gadget ») et il a transformé le semi-remorque en ambulance, rien de moins.
10 minutes plus tard, sur le boulevard en face de l’urgence, mon chauffeur d’ambulance est descendu pour chercher un fauteuil roulant, mais il est vite revenu avec une camionnette de sécurité qui nous a escortés directement à l’entrée : encore mieux que dans un hôtel de 5 étoiles! Ah! Ces Américains, ils « think big » pas à peu près! La rampe d’urgence a la capacité d’accueillir les semi-remorques chargé de 20 tonnes de laitue!

On m’attendait déjà avec un fauteuil et l’on m’a fait rouler les quelques mètres qu’il restait jusqu’au triage. Il n’y a pas même pas de salle d’attente à l’urgence, tout est trop vite!


Cruchtes.
C’est ce que le médecin de l’urgence de Yuma m’a prescrit. Je ne savais pas ce que c’était. Je l’ai appris sur le champ, quand l’infirmière m’a apporté des béquilles et une attèle pour le genou qui faisait « croutche croutche » quand on m’installait les velcros.

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Depuis plus d’une semaine déjà, je suis en arrêt de travail pour une durée indéterminée. Ça me donne l’occasion de faire plein de trucs qui trainaient dans mon ordinateur, comme de retravailler sur de vieux textes. Je marche péniblement, mais ça va. Je vous tiens au courant et j’attends le printemps comme vous, mais en boitant un peu.

05 mars 2009

Le café de la bienveillance

Route I-70 Est, entrée dans l’Illinois. Le mardi 3 mars 2009.

Depuis 2 h 45 cette nuit, je suis installée aux commandes du camion. Richard est tombé dans la couchette pour dormir sa nuit pendant une partie de la journée. J’ai bien dû parcourir 500 kilomètres quand le soleil commence à m’assommer par le rétroviseur. Ce matin, il représente mon pire ennemi, il est trop fort et je n’ai qu’une envie : fermer les yeux pour ne plus le voir. Je lutte contre la fatigue, c’est difficile, j’ai des nanosecondes d’égarement, j’ouvre les fenêtres pour me réveiller et au même moment, je lis sur un panonceau qu’une aire de repos se trouve dans deux miles, coup de chance! Sortir au grand air à -12 degrés Celsius me fouettera un peu, parce qu’avec ce voyage, nous n’avons pas le temps de dormir : en moins de 55 heures on doit parcourir Montréal-Los Angeles, c’est le contrat et nous l’avons accepté.


À l’intérieur du bâtiment, se tient un homme bien portant et très soigné, mais c’est surtout son gobelet de café que j’ai remarqué, il se découpait trop bien sur sa chemise rouge. En revenant des toilettes, il était toujours là, debout, à boire son café. Je me suis dirigée vers la machine, j’ai regardé tout ce qu’elle pouvait offrir : espresso shot; dark roast coffee; chocolat; mokaccino; on peut même lui commander une triple dose. Comme si, en lisant les options et le mot « café » plusieurs fois de suite, mon corps absorbait assez de caféine pour vaincre le sommeil. Il en coutait seulement 50 cennes pour un petit café et je l’avais déjà choisi : un « dark roast » triple dose avec une part de lait. Mais peine perdue, je n’avais pas un rond, ni sur moi, ni dans le camion.


— A good hot coffee! Que j’ai entendu à côté de moi! C’était l’homme au gobelet qui buvait sa gorgée.


— Oh! Oui! Mais la machine ne prend pas les cartes de crédit!

Alors, il a mis les mains dans ses poches et m’a filé les 50 sous. Je n’avais pas la force de refuser.

— Oh! Merci! Merci beaucoup! Vous allez me sauver la vie! Lui dis-je, en élevant ses deux pièces de 25 cennes. Il avait dû voir à ma blancheur l’état de fatigue dans lequel je me trouvais. Je me suis promis intérieurement qu’un jour, je le rendrai au suivant.


J’ai sélectionné mon café, le gobelet est tombé et pendant qu’il coulait, il s’est approché pour me tendre sa boite de biscuits alignés en rang dans leur emballage de plastique.


— Take few.


J’en prends un.


— no, take two more! Insiste-t-il comme si j’allais mourir de faim.

J’en prends deux autres que je glisse dans ma poche de kangourou en me ridant les yeux et les commissures des lèvres d’une expression souriante pour le remercier.

Avec son café et ses biscuits, il s’en est retourné vers son camion. « Aaron » que c’était écrit sur sa portière et sa remorque.

J’étais stationnée juste à côté. J’ai repris la route avant lui tandis qu’il s’affairait à ses papiers. J’ai attendu qu’il lève la tête pendant que je passais devant son camion avant de mordre à pleines dents dans un de ses biscuits. Il a souri. Vanille, beurre et une pointe de citron ont envahi mon palais. Son café m’a tenue éveillée pour l’heure qu’il me restait avant de m’arrêter ravitailler le camion.

La journée peut commencer, encore une fois j’ai la preuve que l’humain sait être bienveillant. C’est ça qui rend heureux : mettre le doigt sur le brin d’humanité des Êtres qui nous entourent.