11 juin 2007

Un p’tit bout de prairie américaine.




Je vous ai découpé un petit bout de la prairie américaine il y a quelques mois déjà. Le voici:


Plutôt que de prendre le trajet d’autoroutes tout tracé par l’ordinateur pour se rendre à El Paso en passant par Dallas au Texas, nous avons trafiqué un peu l’itinéraire programmé pour emprunter la route d’état numéro 54 et piquer à travers les terres du Nouveau-Mexique. C’est un parcours qui nous « change le paysage de place », et en plus, il raccourcit le chemin tant et si bien, que Fuego aura roulé 160 kilomètres de moins que prévu en arrivant à sa destination.

C’est dans la prairie sèche américaine que j’entame ma journée ce matin, alors que pas plus tard qu’hier, je me trouvais dans la zone climatique tempérée pour faire mon inspection matinale.

Nous sommes partis depuis vendredi midi et voilà deux jours que nous filons vers le sud-ouest. C’est le printemps au Nouveau-Mexique. Des tapis de minuscules fleurs mauves égayent ma traversée, quelques jaunes viennent mettre leur accent parmi les touffes d’herbes vertes-sauge et vert mousse. C’est à croire que Dame nature se fait décoratrice d’extérieur, elle sait continuellement comment agencer les matières et les formes, les textures et les couleurs.

La route est calme. Peu de gens et de camions s’aventurent ici à mon grand plaisir. J’aime le silence de ce territoire peu habité, il grésille comme les grillons.




Fuego brise le mur du silence quand je le mets en marche, mais je perçois toujours ce grand silence à travers ma fenêtre : la nature est bien trop vaste pour se formaliser d’une grosse bête rouge qui la parcourra de ses 18 pattes moelleuses. Fuego est l’animal qui court le plus vite dans cette prairie, talonné de près par l’antilope d’Amérique. Justement, au détour d’un vallon, nous en surprenons trois broutant en bordure de la route, elles détalent aussitôt à notre vue! Impressionnant! Elles pourraient aisément nous suivre, car elles sprintent jusqu’à 100 kilomètres à l’heure! Elles ressemblent à nos chevreuils québécois, mais elles sont facilement reconnaissables aux deux lignes foncées sur leur tête dominée par des cornes. C’était bien la première fois que j’en voyais. Elles ont vraiment le champ libre ici, puisqu’elles sont protégées et qu’il n’y a aucun danger que la ville vienne s’y installer, les magasins sont beaucoup trop loin…

Une suite bientôt… J'ai pris deux semaines pour écrire intensivement. Mais c'est difficile avec le beau temps...

5 commentaires:

Pierre-Leon a dit...

Laisses les bons temps rouler...

André Tremblay. a dit...

Sandra,

Ça doit être reposant de vous rendre à destination par ce trajet, il me semble que vous devez arriver beaucoup plus reposés ? En tout cas, si je me fie aux images que tu viens de nous transmettre, ça semble vraiment très beau. Ton texte est très bon : il me donne le goût d’aller faire une virée dans ces coins là.

Ça fait très plaisir de te lire à nouveau !

Bonne écriture et repose-toi bien,

André.

Jean a dit...

Les trajets hors sentiers battus comme celui-ci sont les plus agréables, les plus "relax" quand on conduit sur de longs trajets. Le "hic", c'est qu'en chemin, on peut se retrouver face à certaines restrictions...

Quand je conduisais pour Greyhound (1967 à 1976), nous n'avions aucun choix de routes: elles étaient toutes impérativement choisies en haut-lieu... Pas question de faire des fantaisies avec les trajets (on dirait de nos jours d'être créatif...).

Que j'étais donc content quand je "ramassais" un trajet local, au lieu d'un trajet express!... Je devais alors emprunter des routes secondaires peu fréquentées, je traversais lentement des petits villages sympathiques désertés par les "autoroutiers"... Des côtes abruptes à monter, puis à descendre, des courbes, des courbes... Et les passagers moins nombreux aussi!... Il m'arrivait également, comme vous autres (Sandra, Richard et Fuego), de croiser des animaux sauvages sur le bord de la route, à travers les petites routes boisées et montagneuses de la Nouvelle-Angleterre, par exemple. Quelle belle vie!...

Dire que la plupart des chauffeurs détestaient ces "runs à lait", comme on les appelait à l'époque. C'est que nous étions payés au millage. Or, ces trajets locaux étaient à peine plus longs que les express, mais prenaient beaucoup plus de temps à parcourir. Donc, à peu près la même paie pour beaucoup plus longtemps au travail... En conséquence, revenu horaire moindre...

Fait rien: moi, ça me plaisait beaucoup!... Pour être vraiment honnête, faut dire que c'étaient mes vacances de prof à l'époque!... :-)))

Daniel a dit...

Toujours un plaisir de te lire... Surtout que moi je ne voyage pas trop!
Bize

Denis le Pennsylvanneur a dit...

Des cerfs de Virginie, ce que j'en ai vu cette semaine dans la houleuse Pennsylvanie...une bonne quinzaine surement, mais seulement un vivant, que de tristesse dans leurs yeux...